Direction de recherche
- Harold Bérubé (histoire, Université de Sherbrooke)
Champs d’expertise
- Histoire du Québec contemporain;
- Histoire autochtone;
- Histoire environnementale;
- Histoire de l’énergie
Recherche
Titre provisoire : Territoires en mutation : L’empreinte environnementale des projets hydroélectriques sur Chisasibi et Radisson (1970–1990).
Notre recherche portera sur Chisasibi et Radisson en accordant une attention particulière au développement hydroélectrique de la Baie-James et ses impacts environnementaux entre 1970 et 1990. L’analyse portera sur la transformation des milieux naturels et les répercussions écologiques à Chisasibi et Radisson. La comparaison de ces deux villes nous permettra d’illustrer efficacement comment un même projet hydroélectrique peut façonner différemment deux communautés selon leur statut. Puisqu’en effet, notre travail cherche à déterminer de quelle manière le développement hydroélectrique influence distinctement le développement des communautés autochtones et allochtones, tout en mettant en lumière les interactions entre aménagements hydroélectriques et transformations environnementales. Par conséquent, notre étude se construit autour de la question suivante : comment les impacts environnementaux des projets hydroélectriques de la Baie-James ont-ils conditionné et influencé, entre 1970 et 1990, le développement des communautés de Chisasibi et de Radisson ?
Notre recherche repose sur l’hypothèse que le développement de ces deux municipalités a suivi des trajectoires distinctes en fonction de leurs caractéristiques, et que les enjeux environnementaux ont joué un rôle central dans ces dynamiques de développement. D’un point de vue purement écologique, les barrages entraînent des conséquences sérieuses. Les cours d’eau redirigés inondent les forêts perturbant la faune et la flore locales. Ces transformations s’accompagnent également de problèmes de contamination, notamment par le mercure modifiant durablement les paysages. Ces impacts environnementaux se répercutent aussi sur le tissu économique et social des deux communautés. Du côté autochtone, ce déséquilibre écologique compromet les activités traditionnelles et transforme les modes de vie ainsi que les pratiques culturelles de la communauté. La relocalisation forcée de Fort George accentue ces effets en imposant une réorganisation spatiale de la communauté, entraînant une perte significative de repères culturels. Du côté allochtone, les changements environnementaux favorisent le développement d’infrastructures et de pôles économiques, puisque l’aménagement urbain et la situation démographique sont dictés par le contexte environnemental. Ces transformations façonnent le territoire et l’urbanisation sans provoquer de ruptures culturelles comparables à celles subies par les communautés autochtones. Ainsi, notre approche comparative évalue, sur quatre axes, comment les impacts environnementaux ont dicté des trajectoires distinctes : rupture culturelle et dépendance structurelle à Chisasibi; en contradiction avec l’occupation planifiée et la subordination à Hydro-Québec à Radisson.

