Émilie Farkas est candidate à la maîtrise en histoire à l’Université de Montréal et boursière du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada pour l’année 2025-2026. Sous la direction de Mathieu Arsenault, son mémoire porte sur l’évolution des relations de voisinage entre les Algonquins de Kitigan Zibi Anishinabeg et les colons eurocanadiens de Maniwaki, en Outaouais, entre 1870 et 1920. Le projet explore les conceptions sociopolitiques et économiques du territoire, particulièrement en lien avec la naissance du système municipal comme gouvernance de proximité pour les colons. Enfin, il tente de mettre de l’avant la coexistence des pouvoirs politiques en renégociation pendant cette période charnière dans la vallée de la Gatineau.
En mobilisant le champ des études autochtones, son approche microhistorique permet d’explorer le cadre conceptuel du colonialisme municipal au sein des dynamiques de pouvoir régionales pendant la fin du XIXe siècle et les premières décennies du XXe siècle au Québec.
Ses champs d’intérêt portent également sur la colonisation des régions québécoises au XXe siècle et sur l’exploitation des ressources naturelles comme moteur de développement du territoire.
Direction de recherche
Champs d’expertise
- Territoire et gouvernance autochtone
- Gouvernance municipale et municipalisation du territoire
- Colonialisme de peuplement et colonialisme municipal
- Histoire des régions québécoises aux XIXe et XXe siècles
- Relations autochtones et allochtones
Recherche
Titre : La municipalité comme outil du colonialisme de peuplement : le cas des Algonquins de Kitigan Zibi Anishinabeg (1870-1920)
Description : La seconde moitié du XIXe siècle est un moment charnière dans la vallée de la Gatineau en raison de l’intensification de l’exploitation forestière et agricole ainsi que l’installation permanente de colons eurocanadiens. Au cœur de la vallée, la réserve de Kitigan Zibi Anishinabeg, octroyée pour les Algonquins de la mission du Lac-des-Deux-Montagnes en 1849, à l’embouchure des rivières Désert et Gatineau et encadrée par les Oblats de Marie-Immaculée, voit ses terres menacées par des tentatives de dépossession territoriales organisées par les multiples paliers gouvernementaux. À l’échelle locale, entre 1870 et 1920, l’émergence des habitants en tant que corps politiques organisés et agents du colonialisme de peuplement s’illustre par l’incorporation municipale du village de Maniwaki, limitrophe à la réserve, en 1904. Basées sur l’exploitation du territoire, les relations de voisinage entre les Algonquins de Kitigan Zibi et les colons se complexifient. Ce projet propose ainsi d’étudier l’évolution des rapports sociopolitiques entre les Algonquins de Kitigan Zibi et les colons de Maniwaki entre 1870 et 1920. Ce cadre temporel met de l’avant la place grandissante de la municipalité, comme gouvernement de proximité, et l’habitant, comme agent du colonialisme, dans une relation complexe basée sur l’exploitation du territoire. Le projet interroge les enjeux sociopolitiques, les mécanismes employés par la municipalité dans le processus de dépossession territoriale ainsi que les limites de ce pouvoir. Ce dernier tente d’établir un portrait des dynamiques de pouvoir à l’œuvre pendant la période de naissance du pouvoir municipal et de l’augmentation des relations de voisinage entre les Algonquins et les colons. Cela permet de remettre en question les racines des enjeux territoriaux. Ainsi, la recherche tentera d’enrichir le cadre conceptuel du colonialisme municipal en soulignant la genèse des relations de voisinage, dans la région de Maniwaki, afin de témoigner de la place de la municipalité comme outil du colonialisme de peuplement.

